Oiseaux
La diversité des oiseaux tropicaux chute en ville
Une étude mondiale révèle que les villes équatoriales perdent bien plus d'espèces aviaires que celles du nord, altérant un modèle ancien de biodiversité.
Rapporté par Phys.org · · 2 min de lecture

Le développement urbain à travers le monde érode une tendance biologique ancestrale qui concentre la diversité de la faune près de l'équateur, selon des recherches menées par des scientifiques de l'Université McGill. L'enquête indique que les villes construites dans les régions équatoriales subissent une baisse de la diversité aviaire considérablement plus marquée que les centres urbains situés à des latitudes plus élevées.
Publiée dans la revue PNAS, les comptes-rendus de la National Academy of Sciences, l'enquête a examiné des données portant sur plus de 10 000 espèces d'oiseaux à travers cinq continents. En évaluant les observations citoyennes répertoriées sur la plateforme eBird de l'Université Cornell, les chercheurs ont divisé le globe en blocs d'un kilomètre carré, ne retenant que les zones où les données couvraient au moins 95 % de la diversité locale.
Les chercheurs ont classé ces sections en zones urbaines, suburbaines ou naturelles en fonction de la densité de population et de la perturbation des paysages. Les comparaisons obtenues révèlent que les villes équatoriales ont perdu en moyenne 42 % de leurs espèces d'oiseaux par rapport aux zones sauvages voisines. À l'échelle de la planète, le déclin métropolitain moyen s'établit à 32 %, tandis que les localités situées à 65 degrés de latitude n'ont enregistré qu'une réduction de 12 %.
Les auteurs de l'étude ont expliqué que cette disparité marquée découle de deux facteurs distincts. Les villes modernes de la zone tropicale connaissent souvent un développement plus agressif, tandis que les oiseaux tropicaux indigènes possèdent généralement une moindre capacité à tolérer les perturbations environnementales par rapport à leurs homologues du nord.
L'auteure principale Anna Hargreaves a souligné que l'augmentation progressive de la diversité vers l'équateur a persisté pendant des dizaines de milliers d'années, ce qui rend son effilochement actuel particulièrement frappant. Cependant, le chercheur principal Jory Griffith et ses collègues ont noté que les zones métropolitaines conservant une couverture végétale abondante, tout comme les secteurs suburbains, ont subi des pertes plus modérées. La préservation de refuges végétalisés au sein des aménagements urbains pourrait offrir une méthode pratique permettant aux oiseaux de partager les habitats avec des populations humaines en pleine croissance.
À la suite de ces conclusions, le groupe scientifique prévoit d'explorer la façon dont l'évolution de la diversité aviaire urbaine influence des relations écologiques essentielles, notamment la pollinisation et les dynamiques de prédation à l'intérieur des limites de la ville.


