Mammifères sauvages
Les koalas face à la chlamydia : débat autour du vaccin
Des chercheurs contestent l'efficacité d'un vaccin contre la chlamydia tout juste approuvé, les antibiotiques menaçant aussi ces marsupiaux en danger.
Rapporté par The Guardian · · 2 min de lecture

L'infection à chlamydia dévaste les populations de koalas dans l'est de l'Australie, provoquant incontinence urinaire, inflammation de la vessie et cécité chez les animaux infectés. Cette maladie bactérienne, principalement causée par Chlamydia pecorum, se transmet lors de l'accouplement et par contact étroit, certaines populations enregistrant des taux d'infection atteignant deux individus sur trois. Les femelles infectées deviennent souvent stériles, tandis que les animaux gravement atteints peuvent se retrouver émaciés et affaiblis.
Le traitement antibiotique pose des défis majeurs pour soigner les koalas. Ces animaux dépendent de microbes intestinaux spécialisés pour digérer les feuilles toxiques d'eucalyptus, et les antibiotiques peuvent perturber cet équilibre délicat, entraînant perte de poids, diarrhée et déséquilibres microbiens potentiellement mortels. Certaines souches de chlamydia ont également développé une résistance aux antibiotiques, ce qui complique davantage les efforts de traitement.
Deux vaccins à base de protéines contre la chlamydia ont été mis au point dans le Queensland au cours de la dernière décennie. L'un d'eux a reçu l'approbation du régulateur australien des médicaments vétérinaires en septembre 2025, bien que son efficacité reste controversée. Des chercheurs de l'Université de la Sunshine Coast ont publié des conclusions suggérant que le vaccin réduisait l'incidence de la maladie et les décès liés à la chlamydia de 64 % sur une décennie, mais des détracteurs ont identifié une erreur d'analyse de données qui, une fois corrigée, n'a montré aucune différence significative entre koalas vaccinés et non vaccinés.
Les essais vaccinaux montrent des résultats mitigés
Un essai contrôlé randomisé portant sur des koalas sauvages en Nouvelle-Galles du Sud a révélé que, bien que le vaccin ait stimulé une réponse immunitaire, il n'a pas réduit l'incidence de la chlamydia. L'étude a conclu que le vaccin pourrait n'avoir que des bénéfices modestes et s'avérer plus efficace combiné à d'autres stratégies de gestion. Les chercheurs ont souligné la nécessité de poursuivre le développement et les tests de formulations vaccinales améliorées.
Le débat réglementaire s'intensifie
L'Australian Pesticides and Veterinary Medicines Authority a défendu son approbation, affirmant que l'allégation autorisée est nuancée et se limite à la réduction des signes cliniques plutôt qu'à la prévention de la maladie ou de la mortalité. De leur côté, des détracteurs soutiennent que le système réglementaire n'a pas su évaluer adéquatement l'efficacité du vaccin. Ce débat persistant met en lumière la difficulté de concilier l'urgence de la conservation et la rigueur scientifique lors du développement de traitements pour des espèces en voie de disparition.


