Vie marine
Le flet d'Europe surprend avec un cycle en eau douce
Des scientifiques découvrent que des flets du lac Pulmanki en Finlande se reproduisent entièrement en eau douce, défiant les attentes pour une espèce marine.
Rapporté par Phys.org · · 2 min de lecture

Une découverte inattendue a révélé que les flets d'Europe du lac Pulmanki, en Finlande, accomplissent l'intégralité de leur cycle de vie en eau douce, contrairement aux hypothèses établies de longue date sur leurs origines marines.
L'étude, publiée dans Evolution, apporte la première preuve que cette espèce peut prospérer et se reproduire sans jamais retourner dans l'eau salée. Les chercheurs ont prélevé des poissons dans le lac, qui était autrefois un fjord arctique mais est aujourd'hui relié à la mer par un réseau fluvial de 60 kilomètres.
Pendant des décennies, les scientifiques se sont interrogés sur la manière dont les flets — des poissons généralement marins qui migrent vers les embouchures des fleuves pour se nourrir — avaient pu subsister dans le lac Pulmanki. Les explications envisagées comprenaient des migrations saisonnières ou une survie adaptative en eau douce. Mais ces nouveaux travaux révèlent une transition plus radicale : certains flets s'y reproduisent entièrement en eau douce.
Les conclusions reposent sur deux méthodes clés. Premièrement, les chercheurs ont analysé les otolithes — de petits os de l'oreille interne qui enregistrent les déplacements du poisson et son environnement chimique au cours de leur croissance. La plupart des flets échantillonnés ne présentaient aucune trace d'exposition au milieu marin, ce qui suggère qu'ils ont passé toute leur vie dans le lac. Une minorité avait passé une partie de sa vie dans des eaux saumâtres ou marines, indiquant des parcours de vie mixtes au sein d'une même population.
L'analyse génétique est venue étayer cette découverte. En comparant les génomes des flets du lac Pulmanki à ceux de spécimens marins, les chercheurs ont identifié des variations génétiques associées à l'adaptation à l'eau douce. Cette transition semble complexe, fait intervenir plusieurs chromosomes et remet en question la vision traditionnelle de la reproduction des espèces marines en eau douce.
Cette découverte offre une rare expérience naturelle pour étudier la spéciation. Les flets du lac restant génétiquement proches de leurs congénères marins, les chercheurs peuvent déterminer quels traits permettent la reproduction en eau douce. Cela pourrait aider à expliquer comment les espèces marines s'adaptent à de nouveaux environnements, un processus susceptible d'alimenter la divergence évolutive.


