Oiseaux
L'urbanisation menace davantage les oiseaux tropicaux
Une étude révèle que les zones urbaines tropicales perdent trois fois plus de diversité aviaire que les villes des latitudes plus élevées.
Rapporté par Phys.org · · 2 min de lecture

Une analyse mondiale portant sur plus de 10 000 espèces d'oiseaux montre que l'urbanisation affaiblit un schéma fondamental de la biodiversité. Les chercheurs ont constaté que le gradient de diversité latitudinal, qui décrit l'augmentation de la richesse en espèces vers les tropiques, devient trois fois moins marqué dans les villes qu'en milieu naturel. Cela indique que l'urbanisation modifie significativement les schémas mondiaux de diversité aviaire.
L'étude a comparé la diversité aviaire entre zones urbaines et naturelles à différentes latitudes. Près de l'équateur, les villes abritaient en moyenne 42 % d'espèces d'oiseaux en moins, tandis qu'à 65 degrés de latitude nord, la perte n'était que de 12 %. Ce schéma s'est maintenu en comparant des surfaces de taille égale, montrant que les écosystèmes tropicaux subissent des pertes plus importantes avec l'expansion urbaine.
Les communautés d'oiseaux tropicaux tendent à inclure davantage d'espèces spécialisées aux besoins d'habitat étroits. Les chercheurs suggèrent que ces spécialistes sont particulièrement vulnérables à l'urbanisation, qui favorise les espèces généralistes comme les corbeaux et les oies. La perte disproportionnée de spécialistes dans les villes tropicales explique en partie pourquoi l'urbanisation réduit davantage la diversité dans ces régions.
Les travaux se sont appuyés sur des données de science citoyenne issues de la plateforme eBird, où des observateurs d'oiseaux du monde entier soumettent des millions d'observations. Cet ensemble de données a fourni des détails spatiaux et temporels sans précédent, permettant aux chercheurs de distinguer les communautés d'oiseaux dans les villes, les banlieues et les zones naturelles. La haute résolution des données a permis de suivre les déplacements des espèces et de comparer la diversité selon différents niveaux d'urbanisation.
Pour mesurer l'impact de l'urbanisation, les chercheurs ont divisé le monde en cellules d'un kilomètre carré. Chaque cellule a été classée comme urbaine, suburbaine ou naturelle en fonction de la densité de population et des changements d'utilisation des sols. Seules les cellules disposant de suffisamment de données d'observation d'oiseaux ont été incluses, garantissant des estimations fiables de diversité même dans les régions tropicales très diversifiées.
Les résultats de l'étude sont restés cohérents même après l'application de seuils stricts de qualité des données, confirmant que les conclusions reflètent des schémas réels plutôt que des biais d'échantillonnage. Les chercheurs soulignent que les effets de l'urbanisation sur la diversité aviaire ne se limitent pas aux zones où les villes ont été construites, mais représentent un phénomène mondial affectant les schémas de biodiversité à l'échelle planétaire.
Une découverte encourageante est que les villes plus vertes abritent une plus grande diversité aviaire. À une latitude donnée, les zones urbaines dotées de davantage d'espaces verts hébergeaient plus d'espèces d'oiseaux que les villes moins végétalisées. Cela suggère que l'intégration d'habitats naturels dans l'aménagement urbain pourrait aider à atténuer les pertes de biodiversité liées au développement.
L'équipe de recherche étudie désormais comment les communautés aviaires urbaines en mutation affectent les interactions écologiques comme la pollinisation et la prédation. Leurs travaux soulignent l'importance d'un aménagement urbain favorable à la biodiversité alors que les gouvernements envisagent des stratégies pour concilier développement et conservation de la faune.


