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Habitats et conservation

Déclin de la biodiversité dans le sud-ouest allemand

Une étude à long terme révèle une perte de diversité végétale dans le Jura souabe et la Forêt-Noire, liée au climat et au changement d'usage des sols.

Rapporté par Phys.org · · 2 min de lecture

Sur la carte: Allemagne

Déclin de la biodiversité dans le sud-ouest allemand
Image: Phys.org

Un demi-siècle de données botaniques provenant du sud-ouest de l'Allemagne révèle des tendances inquiétantes pour les points chauds de biodiversité. Des chercheurs ayant analysé plus de 2,5 millions d'observations ont constaté que des zones autrefois riches en espèces végétales subissent désormais d'importantes pertes de diversité. Ces conclusions mettent en lumière la façon dont le changement climatique et l'évolution de l'affectation des sols remodèlent les écosystèmes de la région, en particulier dans le Jura souabe et la Forêt-Noire.

L'étude, basée sur le projet de cartographie floristique du Bade-Wurtemberg, a suivi près de 2 000 espèces de plantes vasculaires entre 1970 et 2023. Des scientifiques citoyens et des botanistes professionnels ont contribué à cette base de données, qui constitue l'un des efforts de suivi les plus longs d'Europe. Si certaines zones ont gagné des espèces, celles présentant la plus forte diversité initiale ont affiché les déclins les plus marqués au fil du temps.

Les chercheurs ont examiné de multiples dimensions de la biodiversité, notamment le nombre d'espèces, les relations évolutives et les traits écologiques. Les résultats ont montré que les plantes tolérantes à l'azote et adaptées aux perturbations se sont souvent développées, tandis que les spécialistes de certains habitats, comme les orchidées et les espèces des zones humides, ont régressé. Cette évolution menace le caractère écologique singulier de la région, même lorsque le nombre total d'espèces reste stable.

Les auteurs de l'étude soulignent que les stratégies de conservation doivent tenir compte du contexte local plutôt que de viser uniquement la maximisation du nombre d'espèces. Différents facteurs environnementaux — notamment le climat, les conditions du sol et la pollution — ont influencé divers aspects de la biodiversité de manière distincte. Aucun facteur unique n'explique à lui seul l'ensemble des tendances observées, ce qui souligne la complexité des mutations des écosystèmes.

L'équipe de recherche relève que les espèces communes supplantent de plus en plus les plantes spécialisées, modifiant la composition de la flore locale. Les initiatives de conservation devraient accorder la priorité à la protection des espèces d'importance régionale et à la préservation de la singularité écologique. Ces résultats sont publiés dans Global Change Biology, apportant un nouvel éclairage à la recherche sur la biodiversité et à la planification écologique.

La collecte de données à long terme de ce projet démontre la valeur de la science participative coordonnée. Les chercheurs prévoient de poursuivre le suivi, une nouvelle phase d'inventaire devant débuter en 2028. Une application à venir visera à simplifier l'enregistrement des observations de plantes et à améliorer l'accessibilité des données pour les futures études.